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17 de gener de 2006

La guerre des graffitis à New York

Aujourd'hui, il y est interdit de posséder des marqueurs si on a moins de 21 ans... Une partie des tagueurs new-yorkais s'est recyclée, l'autre change de méthode.

La Libre Belgique - (Bèlgica) [Crònica]

Longtemps emblématiques du paysage new-yorkais, les graffitis, bien qu'aujourd'hui moins visibles, sont au coeur d'une nouvelle offensive de la municipalité, décidée à leur porter le coup de grâce.

Depuis le 1er janvier, de nouvelles restrictions sont en application, qui ont fait passer de 18 à 21 ans l'âge minimum requis pour la possession de bombes de peinture, de graveurs et de marqueurs. Une amende est aussi prévue pour tout commerce ou immeuble qui ne nettoierait pas ses façades ou oublierait de signaler l'outrage aux autorités.

CRIMINALISER L'OUTIL

Mesure la plus controversée, se promener dans un lieu public avec des outils de tagueurs et l'intention de s'en servir pour bomber un mur ou un trottoir est pour tout jeune désormais punissable. 'Ce sont des décisions de bon sens qui nous aideront à lutter contre les graffitis et à garder notre cité propre et belle', dit le maire Michael Bloomberg.

A l'origine de la loi, le conseiller municipal Peter Vallone va plus loin: 'Ces règles sont 'limite', admet-il dans le 'Daily News'. Mais nous ne pouvons plus laisser ces voyous peignant à la bombe prendre notre ville pour une toile.'

L'initiative, qui atteint des proportions nouvelles, fait des vagues, relançant aussi un débat de plus de 20 ans entre les tenants d'un outil d'expression et ceux qui ne voient là que vandalisme. 'Cette loi est ridicule. C'est maintenant un crime pour un mineur de marcher dans la rue avec un marqueur!', s'insurge Donna Lieberman, directrice du NYCLU, la grande association de défense des libertés civiles. 'C'est une chose de punir le taguage illégal, c'en est une autre de criminaliser le transport de crayon. Cette loi s'applique à tous les artistes. La municipalité criminalise des activités légales, tout en visant la jeunesse.'

RECONVERSIONS

Les tags, nés à New York avant d'essaimer dans les métropoles de la planète, ont largement disparu du métro dans les années 90, avec l'installation sur les rames d'un revêtement en inox résistant à l'encre. Certains 'writers', comme on appelle les tagueurs, se sont aussi reconvertis dans le dessin publicitaire, ont été repérés par des marchands d'art, ou conçoivent des baskets pour de grandes marques. Mais partout dans la ville, notamment hors de Manhattan, les graffitis sont encore facilement repérables, sur un coin de mur, un bout de voie ferrée ou d'entrepôt désaffecté, souvent renouvelés, la nuit, par de tout jeunes tagueurs.

Les anciens continuent aussi de temps en temps, comme l'explique KET, 35 ans, légende du graffiti et désormais éditeur de publications. 'Pour beaucoup c'est comme un hobby', dit cet homme qui veut juste donner son nom d'artiste. Pour lui, le plan municipal est 'injuste' et inefficace. 'Je ne pense pas que chaque personne se promenant avec un spray soit un graffiteur. Et aucune de ces mesures n'arrêtera les graffitis et le besoin de s'exprimer. La ville continue à dépenser son argent sans se poser la question de l'artiste ou des fauteurs de troubles comme ils nous appellent', dit-il, appelant au développement d'espaces d'exposition.

'Ils devraient reconnaître une forme d'art, peut-être qu'alors les gens se concentreraient sur l'aspect artistique plutôt que sur le vandalisme... Ils veulent une ville propre, plus de tourisme, mais à la fin les villes où l'on ne peut s'exprimer deviennent aseptisées', ajoute-t-il, relevant une tendance des pouvoirs publics à 'éliminer toute forme de résistance'.

Pour KET cependant, le graffiti 'gardera toujours son caractère rebelle'. Pour preuve, depuis un an, les graffiteurs ont trouvé un nouveau support: les vitres des métros, marquées à vie grâce à des graveurs à l'acide.

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