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JANVIER-FéVRIER 07

BULLETIN TRIMESTRIEL DE L'OBSERVATORI DEL PAISATGE - 3

L'OBSERVATEUR

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Défis de l'architecture du paysage

Martha Cecilia Fajardo
Présidente de l'IFLA (International Federation of Landscape Architects) depuis 2002 jusqu'à quelques jours avant d'écrire ces lignes dans notre bulletin

Je tiens à remercier l'Observatoire du Paysage de la Catalogne (un outil extraordinaire qui cherche à accroître le niveau de conscience du paysage de l'ensemble de la société) de me donner l'occasion de réfléchir d'un point de vue global sur l'IFLA (International Federation of Landscape Architects)et sur l'importance de l'architecture du paysage en prenant comme point de départ mes quatre dernières années de présidence de cette institution.

Quels sont les défis actuels ? Quel rôle pouvons-nous jouer - avec nos partenaires de la Fédération - pour apporter une réponse appropriée à ce qui nous est demandé ? Nous allons actuellement vers un monde bien différent de celui de 1948, année de la création de l'IFLA. Le monde de nos jours est modulé par la mondialisation, la technologie et le réseau virtuel. De la santé aux droits de l'Homme, en passant par le changement climatique, les désastres écologiques ou les flux de capitaux, notre monde demande des solutions de plus en plus globales.

Tandis que la population mondiale devient de plus en plus urbaine, l'intérêt politique à l'égard du paysage s'accroît. Tandis que la population revendique un sentiment d'identité dans un monde de plus en plus globalisé, les architectes du paysage doivent être les premiers à comprendre et interpréter les qualités spéciales de l'espace. Comment pouvons-nous, nous les architectes du paysage, contribuer au futur de la civilisation humaine à travers la planification et la conception ?

Les tendances actuelles font de l'architecture du paysage une des professions les plus excitantes du début du XXIe siècle. En tant que discipline professionnelle, l'architecture du paysage montre de plus en plus l'importance des problèmes écologiques, sociaux et économiques complexes et apporte des solutions pour travailler dans le chaos de la mégalopole. À travers le paysage, elle apporte des solutions au problème des déchets, à la gestion de la qualité des eaux, à la circulation dans les villes ou bien aux villes dégradées. Elle se concentre davantage sur la recherche d'identités urbaines et régionales, sur les valeurs des loisirs et de la qualité de vie ou sur la conscience environnementale socialement acceptée mais sans oublier les besoins concrets tels que la protection contre les inondations ou le dépeuplement.

Dans certains pays, la restauration des édifices et des villes est de la responsabilité des architectes du paysage qui possèdent le même statut que les urbanistes dans un grand nombre de projets de rénovation et de développement urbain. Les concepteurs urbains européens et américains ont énormément contribué au niveau de crédibilité du métier. Nous avons donc à présent l'occasion d'aider à la construction de la crédibilité de notre profession dans le monde entier.

À mon sens, les tâches les plus importantes de notre profession à l'échelle mondiale sont au nombre de quatre. En premier lieu, aller vers un leadership collectif moyennant la coopération et le consensus. Il faut établir des objectifs et des intérêts communs, garantir la visibilité de la profession et définir, en termes de durabilité, la qualité de tout ce qui est conçu. En deuxième lieu, il faut considérer les défis politiques qui se présentent à nous comme les pièces d'un puzzle interconnecté. L'environnement, le développement, la santé ou le financement ne peuvent être traités séparément. La recherche de solutions efficaces au niveau global s'appuie sur le désir commun d'atteindre un futur durable de la planète. L'avenir de l'architecture du paysage dépend donc de la compréhension et l'assimilation des succès d'autres disciplines et professions. En troisième lieu, il faut travailler ensemble au sein d'une organisation globale pour traiter les thèmes suivants si complexes :

  • Une organisation représentant réellement le nouveau contexte global.
  • Une organisation menant les leaders à développer une politique de visibilité et de nouveaux défis pour la profession.

Enfin, tout aussi important, il est nécessaire de disposer de directives claires de la part des associations, des institutions et du monde académique afin de promouvoir une stratégie et des actions globales communes orientées vers:

  • Une stratégie commune pour se consolider au sein des partenaires internationaux, des associations nationales et de leurs membres.
  • Une stratégie commune pour obtenir un environnement durable comme, par exemple, la Green Solutions for a Blue Planet.
  • Un engagement pour un code éthique - axé sur les personnes et les valeurs, la nature et la diversité, l'indépendance et la mondialisation - permettant de relever les défis actuels.
  • Une stratégie commune pour la prise de conscience publique concernant la profession de l'architecture du paysage ; il faut " vendre le métier " aux politiciens, aux médias et à la société en général.

Je suis certaine que nous laisserons aux générations futures un organisme non seulement plus large et influent mais aussi mieux organisé, plus démocratique et proche de tous les architectes du paysage du monde entier. Le moment est venu de faire la différence.

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