Dossier: Paisatges sonors - Observatori del Paisatge

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9 Mayo 2011

Jardins heureux à Chaumont

Vingtième édition d'un festival où les créateurs sont invités à composer avec la nature.

CLAIRE BOMMELAER

Le Figaro (Francia) [Crónica]

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Le jardin des plantes disparues. Eric Sander

Réinventer la relation entre l'art et la nature? Depuis vingt ans, le Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire s'attache à cette question avec un succès grandissant: grâce à la volonté et à l'imagination de ses instigateurs, le nombre de visiteurs est passé de 200.000 à 350.000 ces quatre dernières années. Concours de jardins, carte blanche donnée à des personnalités ou installations contemporaines forment désormais un tout original, ne serait-ce que parce que le château Renaissance de Chaumont et la Loire sont là qui bordent ce festival. Le domaine, qui s'étend sur 22 hectares, est situé près de Blois, dans le cadre splendide des paysages de la région Centre.

Entre avril et octobre, il permet aux passionnés de jardins de déambuler entre les arbres, aux plus curieux de découvrir de grands artistes - dont pendant trois ans Sarkis et ses subtils vitraux commandés par la région et exposés dans le château. Les plus contemplatifs peuvent aussi s'asseoir sur de grands fauteuils installés face au cours d'eau.

UNE PARCELLE ''DE SÉRÉNITÉ''

Cette année, pour le concours, 30 paysagistes et scénographes du monde entier ont été priés de décliner, dans 30 parcelles, le thème de la " biodiversité heureuse ". Pourquoi pas? Le festival fait une part telle à la créativité que le versant moralisateur du mot " biodiversité " s'est perdu dans les sables. Chacun s'est emparé de la figure imposée à sa manière, et a aussi bien décliné l'idée du futur que celle du passé. "La biodiversité est largement explorée par la communauté scientifique. Ici, on en comprend les enjeux sans avoir à faire de grands discours", explique Chantal Colleu-Dumond, directrice du domaine et du festival. "Le jardin des plantes " disparues présente un parterre d'étiquettes, à la manière d'un cimetière américain. Une équipe a mis arbres et plantes sous perfusion. Certains ont introduit la ville dans leur parcelle, montrant que les jardins de l'avenir cohabiteront avec le bitume. La parcelle "le pollen exubérant" présente un plan d'eau au-dessus duquel de légères boules en verre en suspension créent une impression de lumière et de flottement.

Une autre équipe a posé des bulbes géants en lamelles de cagettes jaune paille: idée simple et efficace. En tant qu'invité, le grand paysagiste chinois Wang Xiangrong a ouvert une parcelle "de sérénité", avec des clochettes et des pavillons rouges. De son côté, l'égérie d'Yves Saint Laurent et créatrice de bijoux, Loulou de la Falaise, a tenté un jardin bijou.

Au-delà du concours, qui crée l'actualité, il serait dommage de rater les performances de land-art ou d'art contemporain monumental qui émail­lent le domaine. Dans la forêt, les caves, les écuries ou les couloirs du château, une vingtaine d'artistes ont œuvré, jouant du cadre exceptionnel qu'on leur a prêté. "L'arbre aux échelles" (Fançois Méchain), " le toit à terre " (Rainer Gross) " la spirale végétale " (Patrick Blanc) ou les arbres torturés de Bob Verschueren forment autant de rendez-vous. Au-dessus de la Loire, comme suspendu, le promontoire en bois de Tadashi Kawamata parachève le voyage.

 

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